Elliott n'est pas un grand pleurnichard, mais comme tout bébé il a ses périodes et fait parfois des "crises".
Je me rappelle de quelques épisodes lorsqu'il était plus petit de pleurs pendant des heures où nous étions incapables de le calmer (câlin, tétée, sucette, écharpe, chanson...) et où nous devenions dingues, ces moments culpabilisant où l'on vendrait son enfant sur ebay pour 3,50 euros pour peu qu'on en soit débarrassé tout de suite...
C'est au détour du site d'Elea dans un billet appelé Tu peux pleurer, on est là... que j'ai découvert le livre Pleurs et Colères des enfants et des bébés : Une approche révolutionnaire
Accepter qu'un bébé extériorise son stress
Moi qui aime (et qui a besoin) de claquer les portes quand je suis tendue, alors que je sais parler et que théoriquement je devrais pouvoir mettre des mots sur mes maux j'ai été très sensible à la démarche proposée.
Un bébé/enfant (mais aussi un adulte) vit des situations stressantes qu'il a besoin d'extérioriser et les pleurs, de part leur nature physique mais aussi physiologique (les larmes permettraient d'évacuer des hormones du stress), lui permettent de s'apaiser.
Donc essayer à tout prix de calmer un enfant qui souhaite pleurer pour se décharger de son stress n'est pas une bonne idée (pas plus que m'empêcher de claquer des portes).
L'accompagner dans sa décharge
Accepter qu'un bébé ait besoin de pleurer et ne pas le divertir pour le laisser se décharger, ok.
Le laisser pleurer dans son coin, non : l'idée n'est pas de devenir tortionnaire.
L'acceptation permet de gérer sereinement les pleurs : on ne recherche pas "ce qu'il faut faire" pour le calmer, on a pas le sentiment d'échouer de ne pas y arriver (et du coup on ne s'énerve pas).
L'accompagnement permet au bébé de se sentir compris, accepté, aimé : je claque mes portes mais j'ai besoin qu'on sache que je vais mal et éventuellement d'en parler, d'avoir une oreille attentive, d'avoir le droit d'être stressée.
Dans les faits
Nous sommes en ce moment en vacances en France et Elliott change souvent de pièce pour dormir, voit beaucoup de monde et nous le confions volontiers à nos proches pour quelques heures en amoureux.
Il est comme à son habitude joyeux et rieur mais il y a quelques jours, alors que nous nous préparions à tous aller à la plage il commençait à chouiner.
Au lieu d'essayer de le divertir pour qu'il se calme j'ai essayé d'appliquer les conseils d'Aletha Solter : les autres sont partis à la plage et nous sommes restés Elliott et moi dans notre chambre, tous les deux. Il était dans mes bras et je n'ai rien fait pour tenter de le calmer (évidement avant j'ai vérifié qu'il n'avait pas faim, soif, mal...).
Il a pleuré, crié, hurlé parfois, dans mes bras, pendant 45 minutes. Il a quelques fois fait mine de vouloir se dégager mais même si je relâchais mon étreinte il restait dans mes bras.
Puis à un moment donné il a commencé à se calmer (c'est arrivé plusieurs fois pendant ces trois quart d'heure), à voulu quitter mes bras et s'est assis sur le lit à côté de moi.
Il s'est entièrement calmé, a pris un jouet et a gazouillé en me regardant : il était calme, détendu, heureux.
Et moi aussi.
45 minutes de pleurs libérateurs, complètement acceptés par une Maman présente et rassurante au lieu d'un après midi avec un bébé qui pleurniche et des parents qui stressent et s'énervent de ne pas réussir à le calmer et personne qui ne profite de la plage.
Le bilan est positif !
Pour en savoir plus je vous invite évidemment à lire le livre 